Un partenariat qui compte

En décembre dernier, la Ville de Montréal a octroyé le contrat du dénombrement au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, sous la direction partagée d’Eric Latimer, Ph. D. et de James McGregor, expert en habitation sociale. Le mandat consiste à examiner les activités de dénombrement dans d’autres villes, à proposer un modèle pour Montréal, à procéder au dénombrement le 24 mars 2015, et à produire un rapport pour la Ville de Montréal qui rend compte des résultats. Le mandat inclut aussi un dénombrement des personnes en situation d’itinérance cachée, ce qui se fera en effectuant des dénombrements supplémentaires les deux jours suivants.

Outre le Centre de recherche de l’Institut Douglas, le projet réunit des partenaires importants :

  • Les YMCA du Québec : recrutement et formation des bénévoles
  • Convercité : cartographie et analyse de données
  • Les refuges Accueil Bonneau, Maison du Père, Mission Bon Accueil, Mission Old Brewery, Projets Autochtones du Québec : expertise du milieu
  • Comité de pairs : expertise du terrain
  • Comité scientifique : experts-conseils sur la méthodologie

Le succès de ce projet repose également sur la collaboration de divers partenaires oeuvrant dans le milieu de l’itinérance, soit tous les organismes communautaires, les arrondissements, la STM, le SPVM, les grands propriétaires du centre-ville, les universités, les hôpitaux, etc.

À quoi sert un dénombrement ?

Dans tous les milieux, les gens utilisent des indicateurs pour mesurer et faire des suivis. En éducation, par exemple, nous utilisons des notes pour évaluer les élèves et suivre leur progression au fil du temps. Dans le domaine médical, les professionnels ont recours à plusieurs indicateurs pour comprendre l’état de la santé de leurs patients pour pouvoir leur donner les meilleurs soins cliniques.

À Montréal, la dernière étude sur le nombre de personnes itinérantes remonte à la fin des années ’90. Depuis ce temps, le portrait de l’itinérance a beaucoup changé. L’augmentation de l’utilisation des services, la complexification de la clientèle itinérante, et l’augmentation de la population jeune, autochtone et immigrante itinérante sont quelques-uns des défis auxquels doivent répondre les organisations travaillant sur le terrain.

La Ville de Montréal désire se munir de meilleurs outils pour mieux aider ses citoyen(ne)s les plus démuni(e)s à sortir de l’itinérance. Le dénombrement permettra non seulement d’estimer le nombre de personnes itinérantes à Montréal en date du 24 mars 2015, il permettra aussi de mieux connaître cette population en recueillant des informations supplémentaires (origine, âge, expérience antérieure d’itinérance, etc.).

Au Canada, les villes de Victoria, Vancouver, Calgary, Edmonton, Saskatoon, Timmins, Toronto et Moncton, entre autres, font aussi un dénombrement, certaines depuis quelques années. Aux États-Unis, toutes les grandes villes doivent faire un dénombrement au moins aux deux ans. En Europe, plusieurs grandes villes, dont Bruxelles et Paris, ont intégré cette pratique.

Montréal innove en mettant en œuvre une méthodologie nouvelle afin d’obtenir de l’information sur la nature et l’étendue du phénomène peu étudié mais répandu de l’itinérance cachée.

Quelle est la méthodologie utilisée ?

Afin de déterminer quelle méthodologie privilégier pour réaliser le dénombrement montréalais, le Centre de recherche de l’Institut Douglas, appuyé d’un comité scientifique, a procédé à une analyse documentaire de dénombrements ayant eu lieu dans d’autres villes canadiennes, américaines et européennes, ainsi que des méthodologies ayant été utilisées pour étudier l’itinérance cachée à Vancouver et Los Angeles.

À la suite de cette analyse et en concertation avec la Ville de Montréal, il a été décidé de procéder à un dénombrement le mardi 24 mars 2015 en soirée. Les équipes de bénévoles se rendront dans des ressources fréquentées par les personnes en situation d’itinérance (refuges, maisons de transition, salles d’urgence, etc.) et hors ressources (lieux extérieurs ou publics).

Les deux jours suivants le dénombrement, des visites auront lieu dans des centres de jour et autres endroits où se trouvent des personnes en situation d’itinérance afin de compléter les données recueillies le soir du 24 mars et aussi de donner un visage au phénomène de l’itinérance cachée. En effet, un grand nombre de personnes (les femmes, notamment) ne fréquentent pas les refuges, mais survivent en situation de grande précarité dans d’autres endroits (en demeurant chez des amis ou dans des lieux temporaires sans sécurité ou permanence).

Le dénombrement permettra d’estimer non seulement le nombre de personnes itinérantes à Montréal en date du 24 mars 2015, mais aussi de mieux les connaître en recueillant des informations supplémentaires (origine, âge, expérience antérieure d’itinérance, etc.). Notons qu’en aucun cas nous ne demanderons le nom de la personne.

Il est généralement reconnu qu’un dénombrement tend à sous-estimer le nombre de personnes en situation d’itinérance. Pour cette raison, tout est mis en œuvre pour avoir le portrait le plus juste possible en date du 24 mars 2015. La grande valeur de cet exercice est de mesurer, de manière scientifique, le phénomène de l’itinérance à Montréal. Tel qu’annoncé par la Ville de Montréal dans son Plan d’action en itinérance, la mise à jour régulière des données sur l’itinérance à Montréal permettra de suivre les progrès et mieux soutenir les personnes à sortir de la rue.

Le comité scientifique
Le comité scientifique réunit des chercheurs, des professionnels de la santé et des gestionnaires provenant de l’Université McGill, de l’Université de Montréal, de l’Université de Calgary, de l’Université de York, du CHUM, et de la Direction de la santé publique.

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